jeudi 14 février 2008

L'Amor che muove il sole e l'altre stelle…

Saint Valentin

La Saint Valentin est-elle autre chose qu’une «fête» commerciale ? On serait tenté de répondre qu’il s’agit peut-être là d’une trouvaille de plus des publicitaires (ces « hidden persuaders »), immanquablement relayés par les media, pour meubler la morte saison entre Noël et Pâques, soldes d’hiver et soldes d’été. De semblables calculs mercantiles ont inspiré la promotion de «fêtes» importées telles qu’Halloween, ou traditionnelles comme la Fête des Mères. Sans compter que les grand mères et les grand pères ont depuis peu, eux aussi, droit à leur «fête», en attendant celle des oncles, tantes, cousins, cousines, gendres et brus, beau-pères et - qui sait même, un jour - belles-mères…

Mais il y a peut-être une autre lecture du phénomène, selon laquelle on verrait dans l’ampleur même prise par ce rituel désormais bien installé de la Saint Valentin un symptôme supplémentaire de la crise qui affecte aujourd’hui les relations humaines. Un désir éperdu de retrouver dans le domaine privé et le cocon du couple la chaleur, la douceur, la tendresse - en un mot la civilité – qui font tant défaut dans la sphère publique.

M’est avis, donc, qu’il vaut mieux se réjouir de cet enfantillage sympathique, l’amour étant ce qui manque le plus à notre monde.

A condition, toutefois, d’éviter la confusion sur ce qu’est véritablement l’amour.

Notre époque navigue, en effet, entre sentimentalisme et érotisme à tout crin. Et l’amour n’a, bien sûr, pas plus à voir avec la telenovela qu’avec le tourisme sexuel et la pornographie.

Car l’amour se distingue du désir (non pas le désir au sens où l’entendent Jacques Lacan et, avec lui, Françoise Dolto, Denis Vasse, etc.), comme l’avait bien vu Gabriel Marcel :

« Le désir est par définition égocentrique et tend vers la possession. L’autre n’est alors considéré que par rapport à moi, aux jouissances qu’il est susceptible de me procurer si je suis concupiscent, ou simplement par rapport aux services qu’il pourra me rendre. » (Présence et immortalité, 1951)

Relisons Rougemont (L’amour et l’occident, 1939 et 1972 , Les mythes de l’amour, 1972) pour ne pas confondre Tristan et Iseult avec les amours contemporaines qui font la une de la presse «people»…

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