mardi 27 mai 2008

Zéro de conduite ?














De retour des Etats-Unis, je suis atterré par le comportement des Français au volant. On a si souvent critiqué la violence de la société américaine – qui est bien réelle – en arguant notamment des épisodes récurrents de ces meurtres collectifs et aberrants (actes de « serial killers » ou de détraqués) dont Michael Moore nous a livré l’autopsie exemplaire dans «Bowling for Columbine», qu’il faut rendre justice à la prudence et à la courtoisie des conducteurs d’outre-Atlantique.

Je ne prétendrai certes pas que l’homme (ou la femme) américain est meilleur qu’un autre, mais force est de constater l’efficacité d’un système éducatif (et répressif !) qui épargne aux Américains l’hécatombe que nous tolérons sur nos routes.

Le comportement au volant de beaucoup de nos compatriotes est à l’image de la société que leurs parents leur ont léguée : un monde du chacun pour soi, de la débrouillardise et de la roublardise où l’autre n’a plus de visage.

Mais l’espérance toujours demeure – la petite fille Espérance… – et, comme depuis l’aube des temps, c’est la jeunesse qui l’incarne. Nous en voyons chaque jour les prémices, et il est rafraîchissant, dans notre monde où l’image est reine, de voir la générosité de jeunes collégiens et lycéens saluée par les médias. Cette « Palme d’or » qui honore le jury de Cannes et son président, Sean Penn, vaut reconnaissance symbolique et témoigne de cette espérance dont la jeunesse porte le flambeau.

dimanche 25 mai 2008

La pensée du jour :

"Le refus du réel est le dogme numéro un de notre temps."

René GIRARD

jeudi 22 mai 2008

Du silence, encore...



















La pensée du jour :

"La parole naît du silence. Nous en répondons. Hors d'elle, nous serions plongés dans les ténèbres, la chaleur de la vie nous quitterait et nous serions sourds à la voix qui touche au coeur : elle éclaire la nuit, réchauffe nos membres, est la source de tous nos discours. Elle est la douceur de l'Esprit ! Quand elle se fait entendre, elle brise le coeur de pierre et restaure le coeur de chair: le sang se remet à circuler dans le corps. Elle vient à bout de la violence : elle fait mourir la mort. Elle est Vie."

Denis VASSE, Inceste et jalousie, Paris, Seuil, 1995.

Diplomatie : entre idéal et realpolitik ?














Qu’il doit être difficile pour un homme politique responsable de naviguer entre le réel et l’idéal !

Quelle que soit leur bonne volonté et leur conviction profonde, les hommes se trouveront toujours confrontés à l’abîme infranchissable qui sépare la mystique de la politique. Que l’on évoque Péguy (« La morale de Kant a les mains pures, mais elle n’a pas de mains du tout ») ou Sartre (« Les mains sales »), le moment viendra toujours où il faudra choisir entre Dieu et César.

Choisir ? – Oui, s’il s’agit d’opter pour Dieu contre Mammon (l’argent asservit quand Dieu libère et enseigne le désir). Non, si l’on se soucie bien de l’homme charnel, de l’homme vivant, solidaire de communautés (politique, économique, sociale, culturelle, religieuse, familiale, etc.). Car si l’homme ne vit pas seulement de pain, il ne peut vivre non plus sans pain. Et c’est bien là que commencent ces droits de l’homme qui sont devenus l’alpha et l’oméga de la pensée politique contemporaine.

Qu’il faille se battre sur tous les fronts pour le respect de la dignité de la personne humaine, nul ne le contestera – c’est un devoir qui ne souffre aucune dérobade – et il faut savoir gré à un homme comme Bernard Kouchner non seulement de l’avoir compris mais encore de suivre avec constance (et en dépit des lazzis auquel s’expose l’honnête homme lorsqu’il choisit d’écouter sa conscience plutôt que ses « amis ») l’étroit chemin qui sinue entre l’idéal et le possible.

Puisse le « French doctor » maintenir le cap et rester sourd aux sirènes de la vanité qui égarent souvent les grands de ce monde !

vendredi 16 mai 2008

O.G.M. et autres poisons...




















Il est plutôt curieux, en ces temps où nombre de gens avalent, inhalent, boivent ou s’injectent quantité de substances toxiques (à commencer par certains médicaments psychotropes !), d’assister à tout ce remue-ménage autour des OGM.
Ceux qui en contestent l’innocuité peinent à en prouver la nocivité. Ceux qui en prônent la diffusion font aisément fi du principe de précaution. Le débat est, à l’évidence, biaisé et la controverse se nourrit d’arrière-pensées politiques.
Dans le même temps, l’alcool continue de faire en toute légalité des ravages (et de plus en plus parmi les jeunes) sans que personne n’ose s’attaquer résolument à ce fléau.
Des plateaux de télévision offrent même une tribune aux jérémiades d’une industrie hôtelière prétendument en crise (dans une France première destination touristique mondiale…) à qui le gouvernement a le front de vouloir imposer l’installation d’éthylotests dans certains établissements notoirement exposés. Il paraîtrait que les conséquences financières de cette mesure seraient telles, si elles n’étaient prises en charge par l’Etat, qu’elles acculeraient débits de boissons, bars, pubs et autres discothèques à la faillite !

On voit par là, une fois de plus, toute la difficulté qu’il y a dans notre pays à faire prévaloir le bien commun sur les intérêts particuliers.

Il en va ainsi dans tous les domaines, et l’on se prend à imaginer d’autres répliques au « séisme » du joli mois de mai. L’onde de choc que provoquerait cette fois la révolte des affamés, des bâillonnés, de tous les laissés-pour-compte de la planète se propagerait (qui sait ?) depuis la Birmanie, la Chine ou le Tibet et n’épargnerait pas notre monde impénitent.

Par chance, on n’en est pas là, à l’heure d’une mondialisation qu’on dit heureuse…

jeudi 15 mai 2008













La pensée du jour :

"Si tu ne donnes plus, tu n'as rien donné". Antoine de SAINT-EXUPERY, Citadelle.

Le silence














Quand s’avisera-t-on que l’une des causes principales de l’étourderie, de la superficialité, de l’irréflexion de nos contemporains n’est autre que le bruit ?

Partout le bruit : de l’inévitable tondeuse des pavillons de banlieue aux perceuses des bricoleurs du dimanche, des sonos ravageuses des « rave parties » au vacarme abrutissant des discothèques, des haut-parleurs criards des quinzaines commerciales aux musiques d’ambiance des supermarchés, des rugissements des « bécanes » gonflées aux grondements des avions par dessus nos têtes, des enceintes des cinémas aux téléviseurs beuglants des voisins sans gêne, sans oublier les autoradios « à donf », tout est fait pour détourner l’homme moderne de ce qui prédispose à la pensée, au recueillement : ce bien méconnu et devenu trop rare, cet aliment indispensable de l’âme qu’est le silence.
Car l’espace et le silence seront bientôt - s’ils ne le sont déjà - le luxe d’une infime minorité de privilégiés en ce siècle inégalitaire.

Que n’entendons-nous encore Pascal : « Il faut se tenir en silence autant qu’on peut, et ne s’entretenir que de Dieu, qu’on sait être la vérité » (Pensées) !