jeudi 22 mai 2008

Diplomatie : entre idéal et realpolitik ?














Qu’il doit être difficile pour un homme politique responsable de naviguer entre le réel et l’idéal !

Quelle que soit leur bonne volonté et leur conviction profonde, les hommes se trouveront toujours confrontés à l’abîme infranchissable qui sépare la mystique de la politique. Que l’on évoque Péguy (« La morale de Kant a les mains pures, mais elle n’a pas de mains du tout ») ou Sartre (« Les mains sales »), le moment viendra toujours où il faudra choisir entre Dieu et César.

Choisir ? – Oui, s’il s’agit d’opter pour Dieu contre Mammon (l’argent asservit quand Dieu libère et enseigne le désir). Non, si l’on se soucie bien de l’homme charnel, de l’homme vivant, solidaire de communautés (politique, économique, sociale, culturelle, religieuse, familiale, etc.). Car si l’homme ne vit pas seulement de pain, il ne peut vivre non plus sans pain. Et c’est bien là que commencent ces droits de l’homme qui sont devenus l’alpha et l’oméga de la pensée politique contemporaine.

Qu’il faille se battre sur tous les fronts pour le respect de la dignité de la personne humaine, nul ne le contestera – c’est un devoir qui ne souffre aucune dérobade – et il faut savoir gré à un homme comme Bernard Kouchner non seulement de l’avoir compris mais encore de suivre avec constance (et en dépit des lazzis auquel s’expose l’honnête homme lorsqu’il choisit d’écouter sa conscience plutôt que ses « amis ») l’étroit chemin qui sinue entre l’idéal et le possible.

Puisse le « French doctor » maintenir le cap et rester sourd aux sirènes de la vanité qui égarent souvent les grands de ce monde !
Enregistrer un commentaire