lundi 30 juin 2008

La "roja" sur le pinacle

L’Espagne est championne d’Europe de football ! Ne boudons pas notre plaisir d’avoir vu à l’œuvre, tout au long du tournoi, une jeune équipe, hardie et pimpante. Elle nous a offert le spectacle du football que nous aimons : vif, intelligent, créatif et, pour cette raison, spectaculaire.
Tout comme l’équipe russe, elle nous a vite fait oublier les performances décevantes des Bleus – une équipe usée, au jeu convenu, aussi ennuyeuse que la Squadra et son football de tranchées, roublard et sans âme.
Nous retiendrons aussi la vaillance de l’équipe turque, son moral indestructible.

Ne boudons pas notre plaisir, donc. Mais ne soyons pas non plus naïfs au point d’oublier ce que j’appellerais volontiers la « fonction anesthésiante » de ces grandes manifestations sportives qui les apparente un peu aux jeux du cirque.
Est-ce pur hasard ou tout simplement pain béni pour la classe dirigeante européenne si les lauriers footballistiques viennent aujourd’hui ceindre le front des Espagnols comme pour les distraire de la crise la plus sévère qu’ait eu à affronter leur pays depuis son entrée dans l’Union (chômage en hausse vertigineuse, crise de l’immobilier, marasme économique) ?

Juste après le « non » irlandais, c’est au moment où le « miracle espagnol » a fait long feu que cette victoire fantas(ma)tique aux jeux vient opportunément détourner l’attention d’une Europe en panne, boudée par les peuples pour son impuissance à prendre en compte les préoccupations quotidiennes de ses citoyens.
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