dimanche 1 juin 2008

Solidarités


L’interrogation du jour :
« …comment se fait-il que des penseurs, qui ne faisaient aucun crédit à l’individu, aient été les fourriers de l’individualisme contemporain ? » (Alain Finkielkraut)


 







Il n’est pas impossible que la nouvelle crise pétrolière, par les difficultés qu’elle entraîne pour tant de familles de part et d’autre de l’Atlantique, ait pour effet indirect de renforcer un sentiment de solidarité, déjà diffus en Occident, avec les populations souffrantes des pays pauvres.
Déjà, les épreuves inouïes infligées aux peuples riverains de l’Océan Indien par le « tsunami » de décembre 2004 avaient renforcé chez beaucoup la conscience de la communauté de destin qui lie les hommes comme jamais auparavant dans toute l’histoire de l’humanité.
L’étendue des désastres provoqués par l’ouragan Nargis en Birmanie et par le tremblement de terre du Sichuan en Chine vient confirmer que nul n’est à l’abri des caprices d’une nature dont l’homme, aveuglé par son « hybris » technico-scientifique, avait imprudemment cru s’affranchir.
A la lumière de ces événements terrifiants, les débats sur l’anti-humanisme de nos intellectuels (post) soixante-huitards paraissent illusoires. Bien sûr, les événements de mai 2008, pour autrement signifiants qu’ils aient été pour des millions d’êtres humains, n’empêcheront nullement la (profitable) floraison de livres commémoratifs des « événements » très « de chez nous »…
L’urgence, pourtant, demeure, que pointait Malraux avec toute la force de l’évidence lorsqu’il revendiquait : « …nous voulons retrouver l’homme partout où nous avons trouvé ce qui l’écrase[1]. »



[1] André MALRAUX, Les Voix du silence (quatrième partie, « La monnaie de l’absolu », VII), Gallimard, 1951.
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