jeudi 3 juillet 2008

Une femme libre














La « victoire » d’Ingrid Betancourt est la victoire de l’esprit.
Elle est donc, de ce fait, celle de l’humanité tout entière. Telle est la raison pour laquelle sa libération connaît un retentissement universel.
Ne soyons pas naïvement dupe des mots : si paradoxal que cela semble à dire et à entendre, sa « libération » n’en est une qu’en apparence. Car Ingrid, dans son humanité la plus réelle, a toujours été libre. Ingrid, l’indomptable, a toujours été libre en esprit.
Son âme tournée vers Dieu – comme en témoignait sa lettre si poignante et si douce, si apaisée et comme irradiée déjà de la grâce du pardon – n’a jamais craint. Elle n’a jamais renoncé, jamais cédé devant la méchanceté des hommes, ne s’est jamais courbée ni pliée, n’a jamais rompu.
Cette femme-là n’a connu d’autre crainte que la crainte de Dieu. Sa victoire est bien celle de l’esprit.

C’est dans son humanité qu’elle nous touche (ce qui, par contraste, expose aux yeux du monde l’inhumanité de ses geôliers), dans son amour et sa tendresse de mère, dans sa piété filiale, dans les mots d’un langage unique qu’elle sait offrir à chacun pour les exprimer. Ces mots que, dans l’absence et dans la douleur de la séparation imposée, elle a conservés vivants dans son cœur de fille, de mère, d’épouse et de sœur – dans son cœur de femme [1].
C’est parce qu’elle témoigne de notre propre enfermement, de notre emprisonnement dans les chaînes dont l’humanité cherche à se libérer [2] que la libération d’Ingrid Betancourt est notre libération à tous.

[1] Luc, 2, 51. « Et sa mère gardait fidèlement toutes ces choses en son cœur. »
[2] Paul, Rom. 8, 22. «
Nous le savons en effet, toute la création jusqu'à ce jour gémit en travail d'enfantement. Et non pas elle seule; nous-mêmes qui possédons les prémices de l'Esprit, nous gémissons nous aussi intérieurement dans l'attente de la rédemption de notre corps. »
Enregistrer un commentaire