mercredi 11 février 2009

Du sens




La pensée du jour :

« - Qu’il s’agisse de Dieu dans les civilisations religieuses, ou du lien avec le cosmos dans les civilisations antérieures, chaque structure mentale tient pour absolue, inattaquable, une évidence particulière qui ordonne la vie, et sans laquelle l’homme ne pourrait ni penser ni agir. »

André MALRAUX, Les noyers de l’Altenburg.




Il s’agit de trouver ou de créer du sens. Nous sommes ici-bas investis de cette mission.

« Je continue à croire que ce monde n’a pas de sens supérieur », écrivait Camus, dans ses « Lettres à un ami allemand ». « Mais je sais que quelque chose en lui a du sens et c’est l’homme, parce qu’il est le seul être à exiger d’en avoir [1]. »


Peut-être faut-il suivre la voie qu’indiquait Malraux qui, avide de transcendance, la chercha tantôt dans l’art, tantôt dans la fraternité, livrant toujours le même combat contre la mort ou – ce qui revient au même – contre l’ « Άναγκη», la fatalité, le destin :

« Notre art me paraît une rectification du monde, un moyen d’échapper à la condition d’homme. La confusion capitale me paraît venir de ce qu’on a cru – dans l’idée que nous nous faisons de la tragédie grecque c’est éclatant ! – que représenter une fatalité était la subir. Mais non ! c’est presque la posséder. Le seul fait de pouvoir la représenter, de la concevoir, la fait échapper au vrai destin, à l’implacable échelle divine ; la réduit à l’échelle humaine. Dans ce qu’il a d’essentiel, notre art est une humanisation du monde [2]. »

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[1] Albert Camus, Lettres à un ami allemand, Paris, Gallimard, Ed. de la Pléiade, tome 2, p. 26.

[2] André Malraux, Les Noyers de l’Altenburg, Paris, Gallimard, 1948, p. 128.
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