vendredi 20 février 2009

Swinging London...













Quatre jours à Londres m’ont carrément épuisé !


J’avais conservé de mes précédents séjours dans la capitale anglaise le souvenir d’une ville animée, toujours avenante…et je n’ai retrouvé que bruit, grisaille et bousculades.

Partout des gens pressés, entassés dans des métros jonchés de journaux sales, pianotant sur leurs Blackberries, le visage fermé, le regard vide.


A seize ans, j’avais vécu des heures inoubliables à découvrir, d’un musée à l’autre, la peinture des siècles passés, à flâner dans les grands parcs, loin des rumeurs de la ville lorsque l’envie me prenait de fuir la foule.


De Regent Street à Piccadilly, de Mayfair à Oxford Street, que subsiste-t-il aujourd’hui de ce Londres policé qu’arpentait Mrs Dalloway ? Selfridges est certes toujours l’austère bâtiment dont des portiers amènes vous ouvrent les portes, mais pénétrez donc dans cette moderne caverne d’Ali Baba : vous voilà transporté, d’un instant à l’autre, dans n’importe quel temple de la consommation (un luxe tapageur pour nouveaux riches !).


Il faut dire que le temps maussade, un air âpre et venteux n’allégeaient en rien mon humeur...

Seul bonheur pour racheter une escapade bien compromise : Covent Garden, ses concerts et ses comédies musicales, sa vie nocturne à l’heure où les théâtres déversent dans les rues et les pubs une foule bigarrée, bon enfant, dont les débordements juvéniles font vibrer la nuit.


Derrière la vitre du train de banlieue qui m’emmène vers Gatwick défilent les faubourgs grisâtres. Aux immeubles de verre et d’acier de Canary Wharf succèdent les pavillons de briques, tous semblables, avec leurs toits d’ardoise et leurs jardinets de poupée. Des images, pêle-mêle, me reviennent à l’esprit : paysages agrestes, délicieuses toiles miniatures de Constable, lointains vaporeux des aquarelles de Turner, scènes de chasse…Nostalgie d’une Angleterre que j’avais peut-être rêvée ou qui n’est plus ?


A voir vivre beaucoup de nos contemporains dans l’enfer de ces « villes tentaculaires » chantées par Verhaeren et Carl Sandburg, je me convaincs pourtant que l’espace, le silence, l’intimité avec la nature comme la faculté de prendre son temps sont plus que jamais le luxe de ce siècle !

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