mercredi 18 mars 2009

Questions













Peut-être la photographie – celle des autres : je ne suis pas assez «visuel» pour faire un bon photographe – m’aide-t-elle (un peu) à combattre l’abstraction, l'ennemi implacable de Tarrou dans La Peste ?

Quelqu’un que j’aime bien me lançait hier cet aveu angoissé : "Je me pose beaucoup de questions..."

Spontanément, m’est alors revenue à l’esprit cette réponse de Rilke à un jeune homme qui l’interrogeait :

Efforcez-vous d’aimer vos questions elles-mêmes, chacune comme une pièce qui vous serait fermée, comme un livre écrit dans une langue étrangère. Ne cherchez pas pour le moment des réponses qui ne peuvent vous être apportées, parce que vous ne sauriez pas les mettre en pratique, les « vivre ». Et il s’agit précisément de tout vivre. Ne vivez pour l’instant que vos questions. Peut-être, simplement en les vivant, finirez-vous par entrer insensiblement, un jour, dans les réponses. [1]

"En vérité", me suis-je dit, "n'es-tu pas, toi aussi, en train de te poser beaucoup de questions ?"
Et je me fis la même réponse.

P.S. Plus tard seulement, j’ai songé au jeune homme riche…[2]

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[1] Rainer-Maria RILKE, Lettres à un jeune poète, Paris, Grasset, 1956 pour la traduction française.
[2] Mat., 19, 16-22.
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