samedi 25 avril 2009

De l'irrespect


















Après Ségolène Royal, c’est au tour de Rachida Dati d’être la cible de nos héroïques journalistes. A croire que, dans certaines rédactions, le mépris pour le peuple est désormais tel que l’on a pris le parti de s’aligner sur la presse « people » - mieux nommée la presse «poubelle».

Le degré zéro de l’objectivité est aujourd’hui atteint, qui consiste, sous les prétextes les plus fallacieux, à concentrer le tir un jour sur une femme de gauche, le lendemain sur une femme de droite.

Toute l’astuce consiste, en l’occurrence, à caresser l’opinion dans le sens du poil en jouant sur une « image », puis à surfer sur la vague au gré des fluctuations de popularité d’un personnage public que l’on a peu à peu construit puis lancé sur la scène politico-médiatique comme le font les publicitaires d’une marchandise.

S’agissant donc d’ « objectivité » (ce concept aussi incertain qu’évanescent), ce qui fait défaut à nos journalistes de la presse audio-visuelle lorsqu’on les compare à leurs homologues anglo-saxons, c’est ce que j’appellerais volontiers une forme de «détachement professionnel» ou d’impersonnalité du journaliste qui fait que, quelle que soit l’appartenance politique ou la notoriété de l’interviewé, le comportement demeure le même, qui allie une constante courtoisie dans la forme à une intraitable exigence sur le fond.

Là-bas, point de regards goguenards, de sourires narquois, d’airs entendus (ou de connivence…), de ton de supériorité ou de clins d’œil à un public supposé complice. Le professionnalisme exige et postule le respect : respect de la personne interrogée tout autant que de l’auditoire.

C’est bien en ce sens que Ségolène Royal à raison de s’élever contre ces mœurs exécrables qui, à force de tolérer l’irrespect et l’incivilité, du haut en bas de l’échelle sociale, finissent par miner notre démocratie.

Cela vaut autant pour le président de la République (on se souvient du « Casse-toi, pauvre c… ») que pour les ouvriers de Continental lorsqu’ils saccagent une sous-préfecture de la République [1].

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[1] La « res publica » : la « chose publique » ou, si l’on préfère, le « bien public ».
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