mardi 9 juin 2009

Européennes (suite et fin)






Je ne sais s’il vaut la peine de revenir –fût-ce en quelques lignes – sur l’affligeant, le désolant spectacle offert vendredi dernier par l’émission « A vous de juger » (sur France 2) censée éclairer les téléspectateurs-citoyens sur les enjeux des élections européennes. D’autres ont déjà dénoncé l’incompétence de la journaliste arrogante chargée d’animer le « débat » (en vérité ce fut empoignade et cacophonie).

Cette indigne mise en scène de notre vie politique suffirait à expliquer l’abstention massive de nos concitoyens écoeurés. Est-il besoin de dire qu’elle ne m’étonnait pas outre mesure : comme beaucoup de Français, je suis, hélas, habitué à ce spectacle de dérision.
Non, la surprise – ô naïf lecteur, mon semblable, mon frère ! – m’est venue le lendemain de la lecture du compte rendu que faisait « Le Monde » de la passe d’armes entre le représentant des «Verts» et le leader du Modem.

Dans un article d’une rare partialité, Françoise Fressoz, sous le titre « François Bayrou fait basculer la campagne dans la polémique », imputait au seul président du Modem le tour odieux qu’avait pris le « débat ».
Apparemment peu troublée par la grossièreté d’un tutoiement que M. Cohn-Bendit imposait d’entrée de jeu à son interlocuteur, cette journaliste avait sans doute trouvé banal, naturel et «proportionné» le qualificatif d’ « ignoble » lancé par l’écologiste en réponse à l’argument, certes polémique, de François Bayrou concernant les prétendues « relations amicales » du leader «vert» avec le chef de l’Etat. Toujours est-il qu’on ne le retrouve pas dans son compte rendu et qu’elle semble ne l’avoir pas même entendu…

Passons sur l’évident respect de l’adversaire (comme sur la distinction…) que traduit, dans la forme comme dans le fond, l’apostrophe de M. Cohn-Bendit, fidèlement restituée, cette fois, par notre gazetière : « Mon pote, jamais tu ne seras président, t’es trop minable ! »
Le chef du Modem, piqué au vif, eût sans doute été mieux inspiré de ne pas répondre et d’encaisser le coup sans broncher ; son légendaire « ego » l’a probablement trahi, selon ce qu’escomptait son opposant, passé maître en l’art de la provocation.

Reste que l’on pouvait attendre plus d’objectivité de la part du journal d’Hubert Beuve-Méry que n’en démontre ce compte rendu tendancieux.
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