dimanche 21 juin 2009

Marcher













 


"...Nous allons, et rien que par ce mouvement tout physiologique nous affirmons déjà qu'ici- bas nous n'avons aucune demeure permanente, que nous sommes en route, que nous ne sommes pas encore vraiment arrivés, que nous cherchons encore le but et que nous sommes véritablement des pélerins, des voyageurs entre deux mondes, des hommes en transit, mus et se mouvant eux-mêmes, contrôlant le mouvement imposé et constatant que, dans le mouvement indiqué, on ne parvient pas toujours là où le chemin avait été tracé. Dans la démarche la plus simple qui est l'allure de celui qui suit et qui est libre, toute l'existence de l'homme est ainsi déjà vraiment là, posée devant lui, existence dont la foi du chrétien révèle le but et promet qu'il y parviendra : existence d'un mouvement sans fin qui se connaît et sait qu'il n'est pas encore terminé, qui cherche et qui est sûr de trouver car (et ici encore nous ne pouvons parler autrement) Dieu lui-même vient dans la descente et dans le retour du Seigneur qui est notre avenir.

Nous marchons, nous devons chercher. Mais la Fin véritable vient au devant de nous, elle nous cherche; elle ne le fait cependant que dans la mesure où nous marchons et allons à sa rencontre. Et quand nous aurons trouvé, parce que nous fûmes d'abord trouvés, nous verrons bien que notre rencontre elle-même était déjà portée (et ce support on l'appelle la grâce) par la puissance du mouvement qui parvient jusqu'à nous, par le mouvement de Dieu vers nous.


Karl RAHNER, Vivre et croire aujourd'hui, Paris, Desclée de Brouwer, 1967 pourla trad. frçse.
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