lundi 8 juin 2009














Une société d'efficacité et de rationalité bureaucratique qu'accompagnent de vastes industries du plaisir déracine les êtres des continuités profondes, les fait vivre dans l'immédiat et le superficiel, détruit ce qui subsiste encore des civilisations du silence et de la lenteur. Que l'Eglise alors rende aux hommes la "mémoire de l'éternité" : l'autre comme icône, comme visage, les matières comme sacrement, une Tradition vivante qui rouvre l'histoire dans l'être et permette une universalité (et d'abord en Europe) qui soit respect, rencontre, mariage des cultures...

Que les chrétiens démasquent les idoles, leurs rituels de fascination et de domination dans la pratique politique, le "fétichisme des marchandises" (pour reprendre un grand thème de Marx), la transmission des connaissances, les illusions, profitablement entretenues, du bonheur et de l'éternelle jeunesse, l'ignorance hystérique du sens spirituel que peuvent recevoir la vieillesse, la maladie et la mort...


Olivier CLEMENT, La révolte de l'Esprit, Paris, Stock, 1979, pp. 195-196.
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