dimanche 26 juillet 2009

Un petit prince













Une image me hante depuis mon retour du Pérou, celle de cet enfant, ce petit berger, si petit dans l'immensité des hauts plateaux, seul gardien de son troupeau d'alpagas. Autour d'eux, à perte de vue, un désert de pierres et de montagnes dénudées.

Quel sera l'avenir de cet enfant dans cette solitude et ce dénuement glacial, loin des stimulations de l'école et de la ville ? L'intimité avec la nature, la familiarité avec ses rythmes et ses secrets, les leçons de vie que lui inculquera le soin de son troupeau et de lui-même dans cet environnement hostile compenseront-ils ce que sa naissance et son éloignement de la modernité lui auront dénié ?

Rencontre aussi improbable pour moi (et pourtant bien réelle !), dans ce désert andin, que celle de l'aviateur-écrivain avec le Petit Prince, aussi émouvante, inoubliable. Car il y avait dans le regard et le comportement de cet enfant, si naturellement humble et libre à la fois, toute la noblesse du Petit Prince[1].
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[1] Voir mon blog : Journal de voyage au Pérou

mercredi 22 juillet 2009

Pérou encore















Au cours de mon voyage au Pérou, j'ai pu prendre un grand nombre de photos dans les différents lieux visités. Il est évidemment nécessaire d'opérer un tri parmi les centaines de clichés que j'ai rapportés de ce périple andin. Cela prendra un certain temps. En attendant mieux, j'ai créé un blog sur lequel j'ai fait figurer quelques extraits de notes hâtivement prises durant mon séjour. J'ai voulu les agrémenter de quelques photos. Ce ne sont pas nécessairement les meilleures et elle ne rendent pas vraiment justice à la beauté des paysages ni à celle (intérieure comme extérieure) des gens que j'ai rencontrés dans ce fabuleux pays. Je tenais néanmoins à leur rendre sans tarder ce premier hommage, même s'il paraît insuffisant et maladroit.

Lien vers ce blog : Journal de voyage au Pérou

vendredi 17 juillet 2009

Pérou













Un séjour de trois semaines au Pérou, qui m’a fourni l’occasion de revisiter des lieux que j’avais connus il y a une quinzaine d’années, explique mon silence de ce dernier mois.

Le voyage invite à purifier notre regard [1]. Pour qui veut garder les yeux ouverts, il rend aussi nécessaire une réflexion sur la justice et sur notre propre responsabilité dans ce qui fait le quotidien des foules du tiers-monde.

Je n’ai rencontré chez ce peuple andin que labeur et dignité, en dépit de conditions de vie souvent précaires, toujours problématiques. Il est vrai que le contraste reste frappant entre la ville – Lima, au premier chef, qui abrite non loin du tiers de la population du pays – et la province andine que j’ai parcourue. Contraste encore entre les quartiers « riches » de Lima : San Isidro, Miraflores, La Molina, Surco et autres, plutôt bien entretenus, et les quartiers « pauvres », jonchés de détritus, recouverts de poussière et comme laissés à l’abandon.
Contraste toujours entre les comportements : ceux des touristes, avides d’ "exotisme" et de plaisirs à bon marché et ceux de l’immense majorité des Péruviens. Ces derniers, logiquement désireux de tirer parti de cette manne qu’ils doivent au développement des moyens de transports et des infrastructures autant qu’à la beauté des paysages, ne sont pas pour autant prêts à renoncer à leur dignité ni à leur fierté.

Lorsqu’on a touché du doigt la dureté des conditions de vie des populations andines, on comprend l’attrait que peuvent exercer sur elles les commodités de la grande ville, le mirage d’espoir qu’elle peut susciter.
Pourtant, le prix de l’exode rural est exorbitant pour celui qui cède aux sirènes de la mégapole comme pour la collectivité. C’est pourquoi le développement d’un « tourisme durable », contrôlé dans ses débordements et respectueux des cultures locales peut représenter un bien pour cet étrange et merveilleux pays.

A cet égard, Cusco, qui fut, on le sait, la capitale de l’empire Inca, constitue un « modèle » à surveiller : à imiter dans ses aspects positifs, à rejeter pour ce qui est de ses excès. Oui à la randonnée (trekking), au rafting, à tous les sports de plein air pour lesquels le Pérou reste l’eldorado qu’il fut jadis, mais non à la prostitution, aux beuveries, à la drogue et au jeu qui tendraient à faire de Cusco un nouveau Manille ou Bangkok du « tourisme sexuel », comme y mèneraient inéluctablement les habitudes et les vices de certains occidentaux dans un pays où sévit encore la pauvreté.

(à suivre)
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[1] cf. Mat. 6, 22-23 et Luc 11, 34-36.