vendredi 23 octobre 2009

L'Autre du désir



















« …ce n’est que dans ce qui attire l’homme au-delà du principe de plaisir de l’activité pulsionnelle que se réalise à l’intime de l’intime le désir de l’Autre qui s’offre à la rencontre non pour disparaître tel l’objet dans la satisfaction pulsionnelle, mais pour que l’originel et infini don de la vie se réalise dans l’unité ou la communion de la présence. Quand la mise en tension vers l’Autre du désir n’a pas lieu, toute la pathologie psychique se décline en figures souffrantes et déformées. Les pires se découvrent là où
manque le manque à être constitutif du désir de l’Autre. Désirer, en effet, c’est chercher ce qui nous manque. Le manque manque lorsqu’au lieu de consentir à la souffrance d’une absence qui semble mettre hors d’atteinte l’être désiré, au lieu d’entrer dans la patience qui creuse le désir, de demander la présence recherchée et espérée dans la nuit de l’abandon, l’homme dénie cet appel à l’Autre inconnu et réclame l’objet connu de son corps. Il l’investit totalement dans l’immédiateté d’une satisfaction pulsionnelle et désespérante.
Cet objet s’offre alors comme un objet oral, comme de la chair fraîche, à la pure jouissance d’une pulsion animale déguisée en désir. »


Denis VASSE, L’homme et l’argent, Paris, Seuil, 2008, p. 134.
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C'est moi qui souligne.
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