mardi 24 novembre 2009

L'avenir du "grand emprunt"















Les « sages » ont tranché, et les propositions qu’ils soumettent dans leur rapport au Président de la République, si elles ne font pas l’unanimité quant au montant de l’emprunt, sont incontestablement de nature à nourrir la réflexion et le débat.

Rien ne paraît plus urgent, en effet, que de refonder notre enseignement universitaire.

Alain Juppé et Michel Rocard proposent de réserver la plus grande part de l’emprunt à cet investissement indispensable si l’on veut mettre à niveau nos universités.
Jusqu’ici les moyens matériels ont cruellement fait défaut : il suffit de voir les amphis bondés faute de locaux et d’enseignants en nombre suffisant ! Que l’on compare les conditions de vie et de travail qui sont faites à nos étudiants avec celles de leurs homologues américains !

Mais l’insuffisance des moyens matériels, quelque patente qu’elle soit, n’est pas seule en cause. Certes, l’exiguïté, l’éparpillement, voire, dans certains cas, la vétusté et le délabrement des locaux, le retard pris dans l’offre de logements étudiants décents, l’inadéquation des bourses et des prêts aux besoins réels comme à la dignité d’une jeunesse studieuse sont clairement à incriminer (à quand le salaire étudiant ?)
Mais on ne saurait réduire le problème à ses seules dimensions budgétaires. L’organisation des études, la pertinence des programmes, l’inadaptation de la pédagogie, un type de relations enseignants/étudiants dépassé car trop souvent fondé sur des rapports de pouvoir et l’argument d’autorité, des emplois du temps conçus sans réel souci de la santé des jeunes (il arrive qu’ils aient dix heures de cours dans la journée sans même une pause pour déjeuner !) : la liste est longue des réformes qui n’auraient qu’une incidence limitée sur le budget et qui ne peuvent attendre.

L’autonomie des universités n’est-elle que le prélude à leur privatisation ? Déjà des voix s’élèvent pour la réclamer ! A quand la sélection par l’argent, la régionalisation des diplômes, et la fin d’un des derniers services publics que nous garantit encore notre République ?
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