samedi 20 février 2010

Philosophia perennis














 La connaissance philosophique dépend de l'ampleur de l'expérience vécue, elle suppose l'expérience essentiellement tragique de toutes les contradictions de l'existence humaine. A la source de la philosophie est l'expérience de l'existence humaine dans sa plénitude [1].

Ce qui connaît, ce n'est pas l'esprit universel, ou la raison universelle, ni le sujet impersonnel, la "conscience en général"; c'est le moi, l'homme comme existence concrète, la personne; et le problème fondamental de la connaissance, c'est celui de ma connaissance, de la connaissance personnelle de l'homme lui-même. [2]

Le coeur et la conscience demeurent les agents suprêmes de l'évaluation et de la connaissance du sens des choses
[3].


Je me suis toujours méfié de ces auteurs médiatiques et médiatisés qui ne peuvent paraître (et faire paraître...) sans accoler à leur nom, comme on exhibe une décoration, le titre ronflant de "philosophe". Le petit monde parisien qui règne sur le microcosme journalistique, toujours prêt à servir les plats qui alimenteront les conversations des "bobos", s'empresse de lancer le produit - labellisé "philosophique" - comme on lance la dernière rengaine sur CD ou l'ultime crème à bronzer.

Et tant mieux si - heureux effet collatéral ! - l'engouement tout "spontanément" suscité contribue à faire retomber quelques espèces sonnantes dans l'escarcelle de l'auteur et de son éditeur...

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[1] Nicolas BERDIAEFF, 5 méditations sur l'existence, Paris, Aubier, 1936, p. 23.
[2] Ibid., p. 32.
[3] Ibid., p. 22.
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