mardi 30 mars 2010

La pensée du jour :

"La religion écologique du "sauver la planète" risque de nous emporter dans des débordements idéologiques, non sans danger de totalitarisme, comme certaines gouvernances mondiales qui sont déjà préconisées; tout cela évidemment pour le bien de l'humanité et au nom de "la science", comme ce fut le cas des idéologies totalitaires du XXe siècle. Avec une nouveauté, toutefois, le "principe de précaution"."

Henri ATLAN (Biologiste et philosophe) in "Le Monde" daté Dimanche 28-Lundi 29 mars 2010.

lundi 29 mars 2010

Mortality














This is the surest death
Of all the deaths I know.
The one that halts the breath,
The one that falls with snow
Are nothing but a peace
Before the second zone,
For Aprils never cease
To resurrect their own,
And in my very veins
Flows blood as old as Eve.
The smallest cell contains
Its privileged reprieve.
But vultures recognize
This single mortal thing
And watch with hungry eyes
When hope starts staggering.


Naomi LONG MADGETT

jeudi 25 mars 2010













Il faut saluer comme il convient la victoire d'Obama et de ceux qui l'ont indéfectiblement soutenu - au premier rang desquels l'infatigable "leader" démocrate de la Chambre des Représentants, Nancy Pelosi - car c'est avant tout la victoire de la justice.

C'est aussi celle de l'honnêteté, du courage et de la ténacité en politique.

Néanmoins, l'avancée décisive que représente la réforme du système de santé américain, pour capitale qu'elle soit (en ce qu'elle permettra de fournir une couverture médicale à une trentaine de millions d'Américains qui en étaient jusque là dépourvus), ne saurait satisfaire l'ambition de ce jeune président : réformer en profondeur, dans le sens d'une plus grande justice sociale, la société de son pays. En dépit d'oppositions farouches, la tâche que s'est fixée Obama reflète bien les aspirations de son électorat. Il se doit de ne décevoir ni la jeunesse ardente ni les forces vives d'une nation optimiste qui l'a choisi dans un immense élan de confiance et d'espérance.

A l'extérieur: mettre un terme à la guerre d'Afghanistan, parachever le retrait des troupes d'Irak, favoriser une solution acceptable par les deux parties au conflit israélo-palestinien; à l'intérieur : faire une juste place aux 11 ou 12 millions d'immigrés "illégaux" qui, bien que non reconnus, contribuent par leur travail, à la prospérité de l'Amérique, endiguer une violence endémique que nourrissent les trafics de drogues et la diffusion incontrôlée des armes, renforcer le système d'éducation (notamment dans les zones urbaines les plus défavorisées), améliorer et moderniser les infrastructures (routes et ponts, ports et aéroports): tels sont quelques-uns des défis qui attendent encore Obama.

De quoi occuper les deux dernières années de sa mandature et peut-être même un second mandat...

dimanche 21 mars 2010

Vraiment mort Marx ... ?

"... la quasi-totalité des mesures cruciales, comme celles qui concernent la déréglementation, ont été dues à des "forces" politiques et économiques - des intérêts, des idées et des idéologies - qui transcendent tout individu."

Joseph STIGLITZ, Le triomphe de la cupidité, Paris, Les liens qui libèrent, 2010 pour la trad. fçse, p. 17.

lundi 15 mars 2010

La pensée du jour :

"...je crois voir et entendre dans la plupart des médias une renaissance de ces côtés arriérés que je croyais disparus. L'écologie, la peur du réchauffement climatique engendrent des propos producteurs de transes et de cauchemars."

Jacques LE GOFF (Historien du Moyen Age) in "Le Monde" daté des dimanche 14-lundi 15 mars 2010.

samedi 13 mars 2010

Aux urnes, citoyens !














Théâtre d’ombres. A la veille d’élections de mi-mandat, qui ne voit la vanité à l’œuvre ?

Deux présidents dont le volontarisme proclamé se heurte aux réalités têtues de la crise ainsi qu’aux intérêts puissants de lobbies résolus à ne rien lâcher.

Pour Obama, une réforme de la santé [1] qui s’éternise sans que puissent être surmontés les atermoiements du Congrès, les Républicains ne faisant que relayer l’opposition des sociétés d’assurance et d’un corps médical conservateur ; la victoire remportée par le complexe militaro-industriel dans l’affaire du renouvellement des avions ravitailleurs pour l’US Air Force - qui opposait EADS à Boeing – en dépit de l’intention affichée du président de resserrer les liens transatlantiques ; le défi relancé, dans un nombre croissant d’Etats, par une National Rifle Association solidement retranchée derrière le Second Amendement, à la moindre velléité du gouvernement de réglementer la possession des armes : la liste est longue, en politique intérieure, des obstacles que rencontre Obama depuis son élection de novembre dernier. Sans compter que les déconvenues s’accumulent également en politique extérieure. En témoigne le récent camouflet infligé au vice-président Biden – et donc à Obama – lors de sa visite en Israël.

En France, le tir croisé de tous les partis contre Sarkozy ne vise en fin de compte qu’un seul objectif (qu’on se garde bien d’avouer) : détruire les institutions de la 5e République et, sous couvert d’une 6e république prétendument plus démocratique, revenir de fait à une 4e république bis qui rétablirait la suprématie des partis. Quel homme politique peut encore ignorer que les élections au scrutin proportionnel intégral prônées par certains et un parlementarisme permettant les combinaisons qui font et défont les gouvernements au gré de coalitions de circonstance et d'ambitions personnelles ne pourraient conduire qu’à l’impuissance et à l’abaissement du pays ? La constitution de la 5e république, voulue par le général de Gaulle, nous en avait jusqu’ici préservés.

Une Grèce financièrement à la dérive, dont les comptes ont été maquillés au vu et su de ses partenaires de l’Union, une Commission incapable de proposer un plan de relance collectif et des solutions à la désindustrialisation de l’Europe, une BCE arcboutée sur ses positions anti-inflationnistes en dépit d’un chômage massif : on n’en finirait pas d’égrener la liste des carences imputables à ces institutions politiques et à ces hommes sensés protéger et diriger.

Ainsi donc, tels les prisonniers de la caverne platonicienne, nous contemplons impuissants ce théâtre d’ombres dans l’ignorance de notre aveuglement.
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[1] The bill would provide coverage to more than 30 million people who are uninsured, would require most Americans to carry insurance and would prohibit insurers from denying coverage to people who are sick. In both houses, Republicans strenuously oppose the legislation, saying it would raise taxes, cut Medicare and lead to higher premiums for many people who are relatively young and healthy. (The New York Times, March 12, 2010)

vendredi 5 mars 2010

Nuages
















M. Obama veut réduire l'arsenal nucléaire, mais jusqu'où ? "
(Titre du journal "Le Monde ". Numéro daté du Jeudi 4 mars 2010)

***
Chanson (III)

Celles qui font de nous des hommes sont les mères
Elles vont devant nous comme clarté des cieux
Aux mères ne devez-vous point d'être sur terre ?
Alors ayez pitié des mères beaux Messieurs
Que les nuages ne tuent pas les hommes.

Un enfant de sept ans court dans les pâturages
Et par-dessus les bois vogue son cerf-volant
N'avez-vous point connu ces jeux du premier âge ?
Alors ayez pitié beaux Messieurs des enfants
Que les nuages ne tuent pas les hommes.

En peignant ses cheveux la jeune fiancée
Au fond de son miroir cherche un visage doux
Ne vous a-t-on cherché de même un jour passé ?
Alors ayez pitié beaux Messieurs des époux
Que les nuages ne tuent pas les hommes.

Lorsqu'on vieillit et que la vie atteint sa grève
L'on doit toujours penser aux souvenirs heureux
Vous aussi vieillissez votre époque s'achève
Alors mes beaux Messieurs ayez pitié des vieux
Que les nuages ne tuent pas les hommes
.

Nazim HIKMET, C'est un dur métier que l'exil in Anthologie poétique, Paris, Scandéditions,1993, p. 186.

lundi 1 mars 2010

J.M.W. Turner












"L'aquarelle dit la grâce de l'instant et le chagrin du temps qui passe [1]."


En lisant l'annonce de la toute prochaine exposition Turner au Grand Palais, me revient en mémoire l'ineffable émotion que je ressentis lorsque, tout juste âgé de 16 ans, je fis la découverte, au cours des longues heures d'enchantement que je passais dans les musées de Londres, de ce peintre fabuleux.

Ce fut pour moi, littéralement, un éblouissement. Devant ces toiles aux contours comme aux fulgurances inouïes, je restai comme tétanisé, éprouvant une de ces émotions qui vous marquent pour la vie et que décrit si bien Bachelard dans le récit de son ascension à la cathédrale de Strasbourg.

La remarque de Pontalis me semble rejoindre les considérations de Ruskin concernant les aquarelles de Turner. Voici les propos de l'écrivain et critique anglais :

"The interest of landscape consists wholly in its relation either to figures present - or to figures past - or to human powers conceived. The most splendid drawing of the chain of the Alps, irrespective of their relation to humanity, is no more true landscape than a painting of this bit of stone."
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[1] Jean-Bertrand PONTALIS, Ce temps qui ne passe pas, Paris, Gallimard, 1997, p. 41.