samedi 13 mars 2010

Aux urnes, citoyens !














Théâtre d’ombres. A la veille d’élections de mi-mandat, qui ne voit la vanité à l’œuvre ?

Deux présidents dont le volontarisme proclamé se heurte aux réalités têtues de la crise ainsi qu’aux intérêts puissants de lobbies résolus à ne rien lâcher.

Pour Obama, une réforme de la santé [1] qui s’éternise sans que puissent être surmontés les atermoiements du Congrès, les Républicains ne faisant que relayer l’opposition des sociétés d’assurance et d’un corps médical conservateur ; la victoire remportée par le complexe militaro-industriel dans l’affaire du renouvellement des avions ravitailleurs pour l’US Air Force - qui opposait EADS à Boeing – en dépit de l’intention affichée du président de resserrer les liens transatlantiques ; le défi relancé, dans un nombre croissant d’Etats, par une National Rifle Association solidement retranchée derrière le Second Amendement, à la moindre velléité du gouvernement de réglementer la possession des armes : la liste est longue, en politique intérieure, des obstacles que rencontre Obama depuis son élection de novembre dernier. Sans compter que les déconvenues s’accumulent également en politique extérieure. En témoigne le récent camouflet infligé au vice-président Biden – et donc à Obama – lors de sa visite en Israël.

En France, le tir croisé de tous les partis contre Sarkozy ne vise en fin de compte qu’un seul objectif (qu’on se garde bien d’avouer) : détruire les institutions de la 5e République et, sous couvert d’une 6e république prétendument plus démocratique, revenir de fait à une 4e république bis qui rétablirait la suprématie des partis. Quel homme politique peut encore ignorer que les élections au scrutin proportionnel intégral prônées par certains et un parlementarisme permettant les combinaisons qui font et défont les gouvernements au gré de coalitions de circonstance et d'ambitions personnelles ne pourraient conduire qu’à l’impuissance et à l’abaissement du pays ? La constitution de la 5e république, voulue par le général de Gaulle, nous en avait jusqu’ici préservés.

Une Grèce financièrement à la dérive, dont les comptes ont été maquillés au vu et su de ses partenaires de l’Union, une Commission incapable de proposer un plan de relance collectif et des solutions à la désindustrialisation de l’Europe, une BCE arcboutée sur ses positions anti-inflationnistes en dépit d’un chômage massif : on n’en finirait pas d’égrener la liste des carences imputables à ces institutions politiques et à ces hommes sensés protéger et diriger.

Ainsi donc, tels les prisonniers de la caverne platonicienne, nous contemplons impuissants ce théâtre d’ombres dans l’ignorance de notre aveuglement.
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[1] The bill would provide coverage to more than 30 million people who are uninsured, would require most Americans to carry insurance and would prohibit insurers from denying coverage to people who are sick. In both houses, Republicans strenuously oppose the legislation, saying it would raise taxes, cut Medicare and lead to higher premiums for many people who are relatively young and healthy. (The New York Times, March 12, 2010)
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