lundi 1 mars 2010

J.M.W. Turner












"L'aquarelle dit la grâce de l'instant et le chagrin du temps qui passe [1]."


En lisant l'annonce de la toute prochaine exposition Turner au Grand Palais, me revient en mémoire l'ineffable émotion que je ressentis lorsque, tout juste âgé de 16 ans, je fis la découverte, au cours des longues heures d'enchantement que je passais dans les musées de Londres, de ce peintre fabuleux.

Ce fut pour moi, littéralement, un éblouissement. Devant ces toiles aux contours comme aux fulgurances inouïes, je restai comme tétanisé, éprouvant une de ces émotions qui vous marquent pour la vie et que décrit si bien Bachelard dans le récit de son ascension à la cathédrale de Strasbourg.

La remarque de Pontalis me semble rejoindre les considérations de Ruskin concernant les aquarelles de Turner. Voici les propos de l'écrivain et critique anglais :

"The interest of landscape consists wholly in its relation either to figures present - or to figures past - or to human powers conceived. The most splendid drawing of the chain of the Alps, irrespective of their relation to humanity, is no more true landscape than a painting of this bit of stone."
___________________________

[1] Jean-Bertrand PONTALIS, Ce temps qui ne passe pas, Paris, Gallimard, 1997, p. 41.
Enregistrer un commentaire