mercredi 21 avril 2010

L'américanisme














La pensée du jour :

"La critique de l'"américanisme", de la machine et du progrès - ce que Heidegger appelle la Machenschaft, dans son livre posthume -, qu'elle se présente dans un contexte idéologique ou sémantique de droite ou de gauche, est toujours le symptôme d'une pensée faible. Ou vulgaire. Ou les deux à la fois. D'une pensée précritique, en tout cas. C'est-à-dire postmoderne.
Car l'"américanisme" est le miroir, parfois grossissant, déformant aussi, de nos propres réalités : des problèmes, des espoirs, des fantasmes européens aussi. D'où il résulte que la critique de l'"américanisme", quand elle n'est pas au service d'une simple défense, légitime par ailleurs, d'une part de marché menacée, n'est que le signe d'une incapacité à saisir critiquement nos propres réalités européennes
."

Jorge SEMPRUN
, Une tombe au creux des nuages, Paris, Climats/Flammarion, 2010, p. 77.

* * *
"Avec la mondialisation, la question c'est : que reste-t-il du modèle européen, de la place de l'Europe dans la gouvernance mondiale ? De ce point de vue, je suis très inquiet."

Pierre LELLOUCHE, Secrétaire d'Etat français aux affaires européennes in "Le Monde" daté 20 avril 2010.
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