jeudi 6 mai 2010

8 mai 1945



















Le chant des amis

De ta source pure et limpide
Réveille-toi, fleuve argenté;
Porte trois mots, coursier rapide :
Amour, patrie et liberté !

Quelle voile, au vent déployée,
Trace dans l'onde un vert sillon ?
Qui t'a jusqu'à nous envoyée ?
Quel est ton nom, ton pavillon ?

- J'ai porté la céleste flamme
En tous lieux où Dieu l'a permis.
Mon pavillon, c'est l'oriflamme;
Mon nom, c'est celui des amis.

Fils des Saxons, fils de la France,
Vous souvient-il du sang versé ?
Près du soleil de l'Espérance
Voyez-vous l'ombre du passé ?"

Le Rhin n'est plus une frontière;
Amis, c'est notre grand chemin,
Et, maintenant, l'Europe entière
Sur les deux bords se tend la main.

De ta source pure et limpide
Retrempe-toi, fleuve argenté;
Redis toujours, coursier rapide !
Amour, patrie et liberté.

Alfred de MUSSET, Poésies complémentaires in Poésies complètes, Paris, Gallimard, 1957, p.483 (Bibliothèque de la Pléiade).
Enregistrer un commentaire