lundi 3 mai 2010

Démocratie

Ce qui nous interpelle dans l’attentat manqué de New York - au-delà des circonstances particulières, du contexte des guerres étrangères que mène l’Amérique - , c’est qu’il s’inscrit parfaitement dans l’illusoire logique, l’entreprise dévoyée, mortifère, et cependant jamais découragée, des ennemis de la démocratie.

Ainsi se trouverait – indirectement – corroborée cette analyse de Jorge Semprún :

« Le concept de totalitarisme tel que l’ont utilisé dans des contextes différents George Orwell et Hannah Arendt, Hermann Broch et Karl Jaspers, Raymond Aron, Claude Lefort et François Furet, pour ne citer que quelques noms, ne permet pas seulement d’étudier l’essence historique commune des formes extrêmes de la dictature moderne – dans le sens très précis que ce sont des réponses modernes à la crise ouverte par le développement même de la modernité capitaliste dans nos sociétés, autrement dit dans les démocraties de masse et de marché soumises à la dynamique perverse, en tout cas contradictoire, d’une révolution technologique permanente – , mais ledit concept permet également, et cela est fondamental … de délimiter les formes de la démocratie politique face à tous les autres mouvements antidémocratiques [1]. »
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[1] Jorge SEMPRUN, Une tombe au creux des nuages, Paris, Flammarion, 2010, p. 179. (C’est moi qui souligne).
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