samedi 21 août 2010

Retour d’Amérique (I)

















« Quand je m’y suis mis quelquefois, à considérer les diverses agitations des hommes, et les périls et les peines où ils s’exposent, dans la cour, dans la guerre, d’où naissent tant de querelles, de passions, d’entreprises hardies et souvent mauvaises, etc. j’ai découvert que tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre. (…)
Mais quand j’ai pensé de plus près, et qu’après avoir trouvé la cause de tous nos malheurs, j’ai voulu en découvrir la raison, j’ai trouvé qu’il y en a une bien effective, qui consiste dans le malheur naturel de notre condition faible et mortelle, et si misérable, que rien ne peut nous consoler, lorsque nous y pensons de près.
Quelque condition qu’on se figure, si l’on assemble tous les biens qui peuvent nous appartenir, la royauté est le plus beau poste du monde, et cependant qu’on s’en imagine, accompagné de toutes les satisfactions qui peuvent le toucher. S’il est sans divertissement, et qu’on le laisse considérer et faire réflexion sur ce qu’il est, cette félicité languissante ne le soutiendra point, il tombera par nécessité dans les vues qui le menacent, des révoltes qui peuvent arriver, et enfin de la mort et des maladies qui sont inévitables ; de sorte que, s’il est sans ce qu’on appelle divertissement, le voilà malheureux, et plus malheureux que le moindre de ses sujets, qui joue et se divertit. »


La justesse de cette pensée de Pascal n’a jamais été aussi clairement confirmée que par le mode de vie américain.
En effet, rien n’explique mieux la paranoïa américaine que l’impérieuse nécessité, pour survivre ici, du « divertissement ». Car cette société suinte l’ennui.

***

L’un des symptômes les plus frappants de ce que j’appellerai (par litote !) le « malaise » américain reste, aujourd’hui encore, le phénomène de l’obésité.

• L’obésité

Selon les données officielles – que confirme la simple observation – un tiers des Américains seraient concernés par ce qu’il faut bien appeler cette infirmité.
A quelles causes imputer cet état de fait ? Quelles en sont les conséquences pour la société ? Comment y remédier ?

Le poids économique (et donc politique) des industries agro-alimentaires sera-t-il à long terme contrebalancé par une transformation des habitudes alimentaires et du mode de vie des citoyens américains ? Cela ne nécessiterait pas moins qu’une révolution culturelle ! Que l’on songe aux difficultés tant pratiques que mentales qu’il faudra surmonter si l’on veut sérieusement s’emparer du problème (à supposer, évidemment, que la volonté politique existe…).

Responsables :

- le prix de ce qu’on appelle ici « junk food » (expression que l’on pourrait traduire par « cochonneries » !), ces denrées abordables pour les familles à faible revenu habituées depuis longtemps à un type de consommation qui privilégie pizzas, chips, peanut butter, sucreries et autres « colas » au détriment des fruits et légumes.

- l’automobile

D’abord, les distances : c’est bien connu, les Américains ne marchent pas, ils conduisent ! Sans voiture, impossible de vivre aux Etats-Unis - à moins d’habiter l’une des métropoles irriguées par un réseau dense et efficace de transports en commun (métro, tramway, taxis, etc.).
Ensuite, le prix de l’essence – inférieur de 50 % à ce qu’il est en Europe – et le poids de l’industrie automobile (récemment sauvée de la faillite par le gouvernement) qui restent des facteurs décisifs en faveur du statu quo.


(à suivre)
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