dimanche 22 août 2010

Quo usque tandem abutere...










Ce que dénoncent mes collègues des universités françaises [1] sur le ton de l'humour grinçant - qui dissimule à peine une sourde colère - , ce n'est rien de moins que l'abandon par les "autorités compétentes" (i.e. les plus hautes autorités de la nation) du projet de formation et de promotion d'une élite républicaine.

Car ce qui faisait, depuis des siècles, le fondement de notre culture humaniste, les mamelles auxquelles se sont nourris nos plus grands écrivains, les plus illustres de nos savants comme les plus inspirés de nos hommes politiques, ce n'est rien autre que la fréquentation, dans les textes, des classiques grecs et latins.

Formations d'excellence, comme le rappellent ces professeurs, les filières dites "classiques" ont longtemps permis de concilier rigueur scientifique et humanité (esprit de finesse et esprit de géométrie, selon Pascal). En témoignèrent en leur temps les programmes - certes exigeants - des séries A' et A'C du baccalauréat.

Hélas ! c'est aujourd'hui l'esprit de facilité - dont l'autre nom est démagogie - qui entend gouverner la destinée de nos enfants, à moins qu'un plus sombre projet ne vise à substituer l'argent et les relations au mérite et à l'effort comme critères de légitimation de tous les pouvoirs.

Triste - et sournois - retour à l'Ancien Régime !

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[1] "Langues anciennes, cibles émouvantes. L'enseignement du latin et du grec en perdition" in "Le Monde" daté samedi 21 août 2010, p. 16.
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