mercredi 29 décembre 2010

Démocratie

















"Les impasses de notre modèle de développement ne sont que les symptômes les plus évidents d'une déraison de la raison moderne, d'une pathologie collective développée au coeur même de notre civilisation et qui semble conduire celle-ci à s'autodétruire.
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Comme l'avait très tôt compris Gramsci, dans une société moderne, la domination brute d'une classe minoritaire est impossible sans hégémonie culturelle, c'est-à-dire sans la colonisation des esprits par des représentations collectives qui étayent le pouvoir d'une minorité et l'asservissement du plus grand nombre.
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Tandis que le sens commun dans les démocraties a toujours considéré une redistribution minimale des plus riches vers les moins riches comme une fonction essentielle de l'Etat, depuis trente ans, la tendance des finances publiques est de mettre les pauvres à contribution pour améliorer la fortune des riches.

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Le défi contemporain des démocraties n'est donc certainement pas de remettre l'économie sous le contrôle du politique, vu qu'elle ne l'a jamais autant été, et rarement au service d'un projet aussi antidémocratique. Le seul vrai défi est de remettre les Etats sous le contrôle effectif des citoyens et au service du bien commun."

Jacques GENEREUX, La Grande Régression, Paris, Seuil, 2010, p. 41, 46, 78.
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