samedi 22 janvier 2011

Tunisie (suite)




















"On érige... la question des femmes en butoir par excellence d'une différence Orient-Occident ou en verrou d'une altérité irréductible des sociétés d'islam, et dès lors qu'un pays comme la Tunisie donnait des gages en matière de condition féminine, il pouvait avoir les coudées franches sur tous les autres plans.
On ne pouvait imaginer que des défenseurs des femmes soient en même temps antidémocrates.
(...)
Une véritable refondation politique requiert que la diversité des opinions et des sensibilités soit d'emblée acquise et représentée, partis légaux et non reconnus, personnalités d'opposition : c'est le plus fort des messages que la Tunisie puisse adresser au monde. Prétendre que l'opposition tunisienne manque d'expérience et n'est pas apte à gouverner, c'est à peu près aussi pertinent que d'expliquer aux diplômés chômeurs sans emploi depuis des années qu'il faut les écarter du marché du travail en raison de leur inexpérience. On ne saurait à la fois saluer le haut niveau d'éducation de la Tunisie, comme on le fait fréquemment, et douter de sa capacité à mobiliser de jeunes hommes et femmes déterminés, réfléchis et efficaces."

Jocelyne DAKHLIA, Tunisie, les raisons d'une révolution, Ben Ali : les ressorts de la complaisance française, in "Le Monde" daté Samedi 22 janvier 2011, p. 20.
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