vendredi 4 mars 2011

Le Discours d'un Roi



















La publicité (voire le battage...) qui accompagne la sortie en salles du film Le discours d'un roi (The King's Speech) ne prouve, à mon avis, qu'une seule chose : que les Anglais (et les anglo-saxons en général) savent mieux que nous tirer parti des richesses de leur histoire et de leur littérature.

Je ne songe pas seulement au profit économique - consolidé par l'attribution de quatre Oscars à un film que l'on peut juger, somme toute, médiocre, sans intrigue, et que seul sauve de l'insignifiance le brillant jeu d'acteur de Colin Firth -, je pense aussi au bénéfice de prestige que peut en retirer pour son rayonnement international le pays de Sa Majesté. Car le discours lui-même est empreint d'une incontestable grandeur.

De même, le succès du feuilleton des Tudors mettant en scène les frasques d'Henri VIII confirme, après la réussite d'autres réalisations telles que Tom Jones (1963), Le patient anglais (The English patient, 1996) ou, plus récemment, Orgueil et Préjugés (Pride and Prejudice, 2005) le savoir-faire de l'industrie culturelle anglo-saxonne.

On se prend à rêver de ce que pourrait nous offrir - en forme de variations et fugues sur les amours de Louis XV et de la Pompadour, par exemple - un (introuvable !) Visconti français qui aurait le génie de se hisser à la hauteur du Guépard (1963), de Mort à Venise (1971) ou de Ludwig (1972).

Si, par ailleurs, exploitant de réels faits d'armes de la Seconde Guerre mondiale, les Américains savent produire un film à la gloire de Patton (Franklin J. Schnaffer, 1970) ou de Mc Arthur (Joseph Sargent,1977), et si, avec retard, nous savons rendre justice - au cinéma, du moins - aux "Indigènes" (Rachid Bouchareb, 2006) qui donnèrent leur vie pour libérer la France, pourquoi le cinéma français ne serait-il pas capable de sublimer à l'écran le destin, non moins romanesque et glorieux, d'un Leclerc ou d'un de Lattre ?

Il est vrai que chez nous, au rebours de ce qui paraît naturel outre-Manche (et outre-Atlantique), toute mise en valeur du patriotisme est tenue pour suspecte, quand on n'y voit pas l'éréthisme d'un nationalisme rétrograde...
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