jeudi 18 août 2011

Alphabétisation et fécondité














"le premier paramètre, le grand moteur du développement, l’axe central de l’histoire humaine, c’est de savoir lire et écrire, le taux d’alphabétisation. (1)

quand on sait lire et écrire, on peut lire un tract, on peut même en écrire un, et la participation politique devient une procédure naturelle. Le taux d’alphabétisation peut décrire à lui tout seul une histoire générale de l’humanité ; c’est l’idée d’unification
(2)

Une société qui contrôle sa fécondité, c’est une société dans laquelle les rapports entre hommes et femmes sont modifiés. Et cette baisse de la fécondité se produit dans une société dans laquelle les jeunes apprennent à lire et à écrire. Vient donc un moment où les fils savent lire, et les pères non. Cela entraîne une rupture des relations d’autorité, non seulement à l’échelle familiale, mais implicitement à l’échelle de toute une société.
(3)
(…)
On constate que ces sociétés donnent des signes de fort tangage. Ce sont d’ailleurs des problèmes qu’on retrouve sous une autre forme, localisée, dans nos banlieues où les parents, les immigrés, les premières générations étaient analphabètes et où les gosses alphabétisés vont très souvent jusqu’au baccalauréat. Une bonne partie de la crise des familles maghrébines dans les banlieues françaises est liée à ce phénomène de perte d’autorité de la génération aînée parce qu’ils ne savent pas lire. C’est un phénomène tout à fait classique, encore une fois." (4)

Emmanuel TODD, Allah n'y est pour rien !, Paris, Loubiana - arretsurimage.net, 2011.
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(1) p. 17
(2) p. 18
(3) pp. 26-27
(4) p. 30

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