samedi 12 novembre 2011

L'immortalité
















"Pour la foi, c'est-à-dire pour la pensée qui a surmonté l'abstrait et l'imaginaire, la mort n'est pas : "O mort où est ta victoire ?"
Mais alors aboutissons-nous à la négation même du problème de la mort ? Il est manifeste qu'une telle négation serait radicalement superficielle. La position de la mort comme problème est enveloppée dans l'acte d'amour, c'est-à-dire que l'amour veut son objet comme transcendant à la mort, non pas comme essence éternelle, mais comme survivant à la mort. L'amour enveloppe l'affirmation de la survivance (et nous devons nous affirmer nous-mêmes comme survivants pour autant que nous sommes objets d'amour). L'amour ne crée pas la survivance, mais il en enveloppe l'affirmation. Dira-t-on que cette survivance ne peut être que la survie dans la pensée, dans le souvenir ? Mais cette survie ne doit apparaître que comme le symbole, comme la transposition psychologique d'une survie réelle. C'est en ce sens que l'amour est vainqueur de la mort ; il la nie."

Gabriel MARCEL, Notes sur l'immortalité in Fragments philosophiques 1909-1914, Louvain, Editions Nauwelaerts, p. 84.
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