samedi 24 décembre 2011

Noël !




"Noël, puissance d'un regard qui dans l'infime, perçoit l'infini ! Le patois des bergers résonne comme la langue universelle, qu'on a raison d'appeler espéranto. Les éloges prononcés par des gens qui sont au bord de la tombe deviennent le grand bonjour à un monde neuf et beau. Toute la nuit est un poème qui tire d'insolites clartés des mots les plus communs.


L'espérance donne un corps à ce qui n'est qu'un souffle. A Noël, l'hiver commence à peine, mais déjà dans le secret des fibres monte la sève, et chaque jour ramène  un peu plus tôt l'aurore.


Rien n'est gagné encore, et il faudra beaucoup de temps. Patience, mon coeur ! Dieu s'est enfoncé dans l'humanité plus longtemps que dans le tombeau. Ici, trois jours - ses amis n'en ont pas moins désespéré. Là, trente années, pendant lesquelles il s'est contenté d'être un gars du pays, bornant sa vie à l'immuable horizon de collines et d'oliviers. La mère a-t-elle pour autant douté ?


Il faut comprendre pourquoi la fête de Noël donne une telle place à Marie. Parce qu'elle est la mère de l'enfant qui vient de naître, cela va sans dire. Mais aussi parce qu'elle nous invite à considérer le meilleur au coeur du pire, dans les temps, les choses, et les gens. Elle nous demande en souriant d'attendre que les faits accomplissent les discrètes appréhensions de l'esprit. Malgré les années et les déceptions, elle a maintenu ferme son rêve pur.


Nous fêtons, à Noël, la patience et la lucidité d'un sentiment qui sait voir et attendre, longtemps avant que le jour rougeoie. Cette crèche est un royaume, ce faible enfant, une puissance qui monte."

France QUEREMarie, Paris, Desclée de Brouwer, 1996, p. 73-74.

vendredi 23 décembre 2011

Espérance


















"Si l'espérance distrait de la vie, fait rêver, alors existe le danger de l'aliénation. Par contre, si l'espérance permet de faire face au pire, alors l'espérance devient au même instant plus forte que la pire des réalités. Telle est la caractéristique particulière de l'espérance chrétienne. Grâce à cela, elle n'est pas illusoire."



Jean-Marie LUSTIGER, Osez croire, osez vivre, Paris, Gallimard, 1986, p. 366-367.

dimanche 18 décembre 2011

Le sens des valeurs














"Là où nous constatons une baisse du sens, des valeurs dépassant le matériel quotidien, l'existence matérielle quotidienne entraîne une décadence générale. C'est-à-dire une décadence de la vie, de la morale politique, de la qualité de la vie et de la coexistence."

Vaclav HAVEL, Vaclav Havel, pour saluer l'écrivain, le combattant, homme politique par Armelle Héliot in "Le Figaro", numéro daté 18 décembre 2011.

Photographier















"A meaningful photograph - a successful photograph - does one of several things. It allows, or forces, the viewer to see something that he has looked at many times without really seeing ; it shows him something he has never previously encountered ; or, it raises questions - perhaps ambiguous or unanswerable - that create mysteries, doubts, or uncertainties. In other words, it expands our vision and our thoughts. It extends our horizons. It evoques awe, wonder, amusement, compassion, horror, or any of a thousand responses. It sheds new light on our world, raises questions about our world, or creates its own world."




Bruce BARNBAUM, The Art of Photography, An Approach to Personal Expression, Santa Barbara, Rockynook, 2010, p. 2. 

jeudi 8 décembre 2011

Fête des Lumières
















"Transcendance de l'idée cartésienne de l'Infini dans une pensée qui se trouve penser plus qu'elle ne saurait embrasser, éblouissement du regard par un surplus de lumière et éclatement du savoir en adoration auxquels fait allusion Descartes à la fin de la troisième Méditation."
Emmanuel LEVINAS, Altérité et transcendance, Paris, Fata Morgana, 1995, p. 28.

***
"... il me semble très à propos de m'arrêter quelque temps à la contemplation de ce Dieu tout parfait, de peser tout à loisir ses merveilleux attributs, de considérer, d'admirer et d'adorer l'incomparable beauté de cette immense lumière, au moins autant que la force de mon esprit, qui en demeure en quelque sorte ébloui, me le pourra permettre.
Car, comme la foi nous apprend que la souveraine félicité de l'autre vie ne consiste que dans cette contemplation de la Majesté divine, ainsi expérimenterons-nous dès maintenant, qu'une semblable méditation, quoique incomparablement moins parfaite, nous fait jouir du plus grand contentement que nous soyons capables de ressentir en cette vie."
René DESCARTES, Méditation troisième in Oeuvres et lettres, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, p. 300.