samedi 28 juillet 2012

Du Vel'd'Hiv au stade de Londres















La cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques d'été de 2012 restera sans doute comme une tentative réussie de vendre au monde l'image d'un Royaume uni, fier de sa grandeur passée et confiant en son avenir.
Le parti pris d'optimisme, l'attitude conquérante, le pari fait sur la jeunesse, l'énergie, la modernité ne peuvent que souligner, par contraste, le manque de foi et le défaut de leadership qui caractérisent notre pays.
L'éclatante réussite, après celle du Jubilé de la reine Elizabeth II, de cette ouverture londonienne des Jeux olympiques fait apparaître plus cruellement les insuffisances françaises - celles, par exemple, de nos représentants échouant à imposer la candidature de Paris.

L'événement est révélateur de l'état d'esprit d'un peuple qui sait, dans l'adversité comme dans la conquête, se montrer solidaire de ses dirigeants.
Quand nos hommes politiques, de Jacques Chirac à François Hollande, se complaisent dans la repentance et l'auto-flagellation, ressassant à satiété le souvenir des jours les plus sombres de notre histoire, les responsables britanniques savent montrer la voie de la réussite et tirer le meilleur parti des atouts dont dispose leur pays.

On se demande quelle sombre satisfaction peuvent tirer nos hommes politiques et certains leaders d'opinion de leur sempiternel retour sur les divisions qui firent - et font toujours - tant de mal à notre pays. Le devoir de mémoire, si nécessaire qu'il soit, exigerait-il de conduire jusqu'à ce qui peut apparaître comme une falsification de l'Histoire ? (1)
Car il n'est pas honnête de prétendre que le gouvernement de Vichy, ses traîtres et ses renégats, sa Milice et ses tortionnaires aient à eux seuls représenté, incarné la France - une France que certains voudraient, pour l'éternité, coupable !

La France, la vraie France, - la France éternelle, disait de Gaulle -  n'était-elle pas plutôt à Londres, à Koufra avec la France combattante, dans les maquis des Glières et du Vercors, et encore parmi les Justes qui, au risque de leur vie, sauvèrent tant de Juifs de la déportation et de la mort ?

Jean-Pierre Chevènement a raison de poser la question (à propos de la commémoration de la rafle du Vel d'Hiv) : "Vichy, laver ou noyer la honte ? (2)"
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(1) "Vichy n'était pas la République. C'était sa négation." (Jean-Pierre Chevènement)

(2) http://www.chevenement.fr/Vichy-laver-ou-noyer-la-honte_a1416.html

lundi 2 juillet 2012

La "réalité" ...















"What is meant by "reality" ? It would seem to be something very erratic, very undependable - now to be found in a dusty road, now in a scrap of newspaper in the street, now a daffodil in the sun. It lights up a group in a room and stamps some casual saying. It overwhelms one walking home beneath the stars and makes the silent world more real than the world of speech - and then there it is again in an omnibus in the uproar of Piccadilly. Sometimes, too, it seems to dwell in shapes too far away for us to discern what their nature is. But whatever it touches, it fixes and makes permanent. This is what remains over when the skin of the day has been cast into the hedge ; that is what is left of past time and of our loves and hates."

Virginia WOOLF, A Room of One's Own, London, Quentin Bell a Angelica Garnett, 1928 (Penguin Books, 1973, p. 108).