mardi 24 décembre 2013

La Nativité
















"Et elle enfanta son fils premier-né ; elle l'enveloppa de langes et le coucha dans une crèche ... " (Luc, 2,7)

"Je suis né, né pour vous, né dans une grotte, en décembre, dans le froid, l'abandon, au milieu d'une nuit d'hiver, dans une pauvreté inconnue des plus pauvres, une solitude, un délaissement uniques au monde... Qu'est-ce que je vous apprends, mes enfants, par cette naissance ? ... à croire à mon amour, Moi qui vous ai aimés jusque-là ... à espérer en Moi, Moi qui vous aime tant ; (...) Moi qui, par ma bonté inouïe, ne me donne pas à vous, à ma naissance, pour quelques jours, pour quelques années, mais qui suis entre vos mains pour y être désormais jusqu'à la fin des temps..."

Charles de FOUCAULD, Lettres et carnets, Paris, Seuil, 1966, pp. 93-94.

jeudi 19 décembre 2013

Crise d'identité ou choc des civilisations ?














"... quand, sous la mince pellicule d'universalité dont l'industrie du divertissement, les grandes compétitions sportives, les jeans et les sodas recouvrent la terre, les modes de vie se heurtent, la crise éclate." (p. 22)

"Nous autres démocrates, nous avons fait justice de la croyance dans la supériorité des hommes sur les femmes. L'égalité a triomphé de ce préjugé. La hiérarchie du masculin et du féminin n'est plus, là où elle demeure, fondée en nature. Nous savons que l'ordre des choses est historiquement et socialement construit. Contrairement à Hume, nous distinguons soigneusement le sexe (catégorie biologique) et le genre (catégorie culturelle) et nous nous désolons de voir nos contemporains les plus rétrogrades continuer de prendre l'un pour l'autre." (p. 57)

"Pour que surgisse en pleine lumière l'ancrage de tous dans un même passé et qu'advienne quelque chose comme une identité commune, il a fallu que se produise, sous l'effet du rapprochement des conditions, cet événement culturel majeur : la généralisation du sentiment du semblable. L'identité nationale est donc fille de l'égalité. Et elle est, en même temps, la réponse du romantisme politique à l'égalité telle que l'a conçue la philosophie des Lumières et telle que la Révolution a voulu la mettre en oeuvre." (p. 86)

"Le christianisme se libère de sa complicité avec les idéaux impérialistes de la modernité chrétienne à la suite d'une dure expérience historique, celle de la révolte des peuples des anciennes colonies qui s'insurgent aussi contre leurs dominateurs "chrétiens" au nom d'une interprétation plus authentique du message évangélique." (Vattimo) Dans ce nouveau moment, l'identité du chrétien doit se concrétiser sous la forme de l'hospitalité, c'est-à-dire, selon Vattimo, "se réduire presque totalement à prêter l'oreille à ses hôtes et à leur laisser la parole". (p. 102)



Alain FINKIELKRAUT, L'identité malheureuse, Paris, Stock, 2013.