lundi 25 mai 2015

Freedom of the press















"When the United States was founded, there was an understanding of the first amendment that it has a double function: it frees the producer of information from state control, but it also offers people the right to information. As a result, if you look at postwar laws, they were designed to yield an effective public subsidy to journals in an effort to try to provide the widest range of opinion, information, and so on. And that's a pretty sensible model. And it goes back to the conception of negative and positive liberty. You have only negative liberty, that is, freedom from external control, or you have positive liberty to fulfill your legitimate goals in life - in this case, gaining information. And that's a battle that's been fought for centuries. Right after the Second World War, in the United States, there was major debate and controversy about whether the media should serve this double function of giving both freedom from x amount of control - that was accepted across the board - and additionally, the function of providing the population with fulfilling its right to access a wide range of information or opinion. The first model, which is sometimes called corporate libertarianism, won out. The second model was abandoned. It's one of the reasons why the US only has extremely marginal national radio businesses compared to other countries. It relates to what you're asking - an alternative model is public support for the widest possible range of information and analysis and that should, I think, be a core part of a functioning democracy."

Noam CHOMSKY, Why the Internet hasn't freed our minds, Alternet, May 21, 2015.

samedi 23 mai 2015

De la diversité des cultures








 "On a tort, je crois, d'envisager la diversité des cultures sous l'angle de la différence. Car la différence renvoie à l'identité comme à son contraire et, par suite, à la revendication identitaire - on voit assez combien de faux débats s'ensuivent aujourd'hui. Considérer la diversité des cultures à partir de leurs différences conduit en effet à leur attribuer des traits spécifiques et les referme chacune sur une unité de principe, dont on constate aussitôt combien elle est hasardeuse. Car on sait que toute culture est plurielle autant qu'elle est singulière et qu'elle ne cesse elle-même de muter ; qu'elle est portée à la fois à s'homogénéiser et à s'hétérogénéiser, à se désidentifier comme à se réidentifier, à se conformer mais aussi à résister : à s'imposer en culture dominante mais, du coup, à susciter contre elle de la dissidence. Officielle et underground : du culturel ne se déploie toujours, et ne s'active, qu'entre les deux."


François JULLIEN, Les transformations silencieuses, Chantiers, I, Paris, Grasset et Fasquelle, 2009 et Le Livre de Poche, biblio essais, p. 30.

dimanche 17 mai 2015

Le réconfort de l'amour




















"C'est une lâcheté que de chercher auprès des gens qu'on aime (ou de désirer leur donner) un autre réconfort que celui que nous donnent les oeuvres d'art, qui nous aident du simple fait qu'elles existent. Aimer, être aimé, cela ne fait que rendre mutuellement cette existence plus concrète, plus constamment présente à l'esprit. Mais elle doit être présente comme la source des pensées, non comme leur objet. S'il y a lieu de désirer être compris, ce n'est pas pour soi, mais pour l'autre, afin d'exister pour lui.'

Simone WEIL, La pesanteur et la grâce, Paris, Plon, 1948, p. 74.